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Surtourisme alsacien

Chapitre 3 – 24 décembre 2022

Noël à Colmar, solidarité en déroute

Il s’agit cette fois d’une seule destination et ce sont à nouveau des croisiéristes. Ils arrivent en bus jusqu’à Colmar, où je dois les accueillir sur le parking dédié aux transports collectifs. Malgré la date du 24 décembre, veille de Noël, que je prévoyais plus paisible que tout ce qui avait précédé, je fais une fois encore le constat d’un parking bondé et d’une zone de dépose elle aussi saturée. Mais le bus que j’attends est déjà là ! Un autocar qui arrive avant l’heure, cela tient du miracle. Et il y a même une accompagnatrice là-dedans ! Alléluia ! Elle ne me tombe pas dans les bras, n’exagérons rien, mais elle me semble a priori plutôt sympathique. Jusqu’au moment où, après l’avoir entendu sommer les excursionnistes, d’une voix assez désagréable, de descendre au plus vite, parce qu’un autre bus aimerait déposer à son tour son monde, elle se rue sur moi pour m’accrocher autour du cou un bidule électronique dans lequel je vais devoir causer. 

La visite commence, en l’absence de l’accompagnatrice, restée dans le bus avec le chauffeur. Que vont-ils donc pouvoir faire durant les deux ou trois heures que va durer la visite guidée de Colmar ? Est-elle, cette jeune femme gueularde, rémunérée pour « accompagner » les clients ou pour tenir compagnie au chauffeur ?…

Je me disais qu’un 24 décembre, quelques heures avant le réveillon, on n’allait pas rencontrer la foule des mauvais jours : je me trompais lourdement ! Au début du parcours, tout reste supportable. Mais la densification ne se fait pas attendre. Parvenus dans les parages de la collégiale Saint-Martin, magnifique monument gothique du cœur de la ville, nous n’y échappons plus, à cette cohue protéiforme, moutonnière et cosmopolite. Je me dis alors que je n’aimerais pas revivre un enfer comparable à ce que mes lecteurs assidus auront appris en parcourant les deux premiers chapitres de ce reportage.

Je décide de rassembler le groupe qui a d’autant plus tendance à ne pas garder le contact avec moi que, à cause de ces fichus audiophones qu’on veut imposer partout, ils peuvent sans me voir capter mes commentaires à plusieurs dizaines de mètres de distance. Je leur pose alors, à voix nue, la question de l’utilité de cette sonorisation. J’ai appris à bien placer ma voix et je sais me faire comprendre : ils m’ovationnent et acquiescent à ma proposition, tout en ôtant les écouteurs qui les apparentent à des extra-terrestres en goguette. 

Au bout d’une heure et demie de piétinements et de bousculades, c’est à nouveau le temps des vessies pleines ! Allez donc trouver à Colmar de quoi soulager trente personnes quand devant les rares lieux censés abriter ces besoins s’étirent des files d’attente à peu près surréalistes ! La visite guidée ne peut pas continuer. Il faut attendre la fin de tous ces soulagements. Une demi-heure va ainsi être sacrifiée. Je n’en peux plus de toute cette édilitaire incurie et je le fais savoir à très haute voix. Tant pis si mes récriminations éclaboussent les oreilles d’un élu de la majorité municipale. Je ne dois rien à Colmar, mais Colmar devrait m’être reconnaissante, depuis le temps que je célèbre ses beautés !

Nous sommes sur le retour vers le bus, non loin de la place où se situe le fameux musée Unterlinden, qui possède une des œuvres les plus saisissantes de l’histoire de la peinture, le très célèbre « retable d’Issenheim », quand on m’avertit qu’à l’arrière du groupe un monsieur très âgé n’arrive plus à marcher. Sa femme m’informe qu’il est diabétique et que son extrême fatigue (il a 87 ans) semble correspondre à une crise d’hypoglycémie sévère. 

Je vois un restaurant qui va fermer (il est 17 h et, comme presque tous les autres, il ne sera pas ouvert au moment du réveillon). Je demande du sucre salvateur. On me dépanne. Le monsieur, lui, après avoir avalé ce qui va pouvoir le soulager, insiste pour que l’on n’appelle pas les secours. Son épouse, désemparée, lui donne raison. Quelques minutes plus tard, alors que le groupe a repris sa marche, diminué d’un bon tiers de personnes ayant décidé de revenir au car sans plus attendre (on n’y peut rien si le vieux ne peut plus suivre !), la personne diabétique s’écroule au milieu de la foule. On le remet d’aplomb, on l’assoit sur un banc public. Il ne veut toujours pas du Samu…

J’aperçois alors deux policiers et leur demande si l’on peut faire venir un taxi, parce que l’homme âgé n’est plus en mesure de marcher. Réponse : un taxi ne viendra pas à travers une foule pareille, par contre les pompiers peuvent accéder à un endroit où l’on pourrait embarquer le malade… 

C’est alors que m’appelle sur mon portable l’accompagnatrice. Son ton est celui de la réprimande. Elle me chapitre, me donne l’ordre de ramener au plus vite le groupe, parce que « ces gens sont attendus sur leur bateau de croisière » pour le repas de Noël. Je prends alors conscience qu’elle pourrait être ma petite-fille et moi son papy, nom de Dieu ! Je lui réponds durement qu’il y a dans ce groupe une personne en grand danger et que les pompiers vont arriver. « Oui mais les autres, vous pouvez les ramener, non ? C’est à vous de le faire ! » Que répondre à une telle imbécillité ? Je me borne à lui faire remarquer que c’est elle l’accompagnatrice et que, pour ce qui me concerne, j’ai dépassé d’une demi-heure la durée de mon travail de guide, mais que mon sens de la solidarité me fait obligation d’attendre l’arrivée des pompiers…

Le groupe fait bloc autour de moi. Nombreux sont ceux qui me disent leur soutien. Revenu enfin au bus, je prends congé de mes auditeurs qui me remercient et m’applaudissent. L’accompagnatrice se tait. Je n’ai jamais su comment le monsieur diabétique et son épouse ont bien pu rejoindre, un 24 décembre au soir, leurs compagnons de route, après être passés par les urgences probablement submergées d’un hôpital colmarien.

Le surtourisme, c’est aussi une énorme menace pour la cohésion socialepour la dignité humaine et pour la solidarité.

Daniel EHRET,

Ecrivain, ancien président du Centre Antibruit d’Alsace

Association Bien Vivre Toulouse Centre – Communiqué de presse

Toulouse, le 10 Février 2022

L’Association Bien Vivre Toulouse Centre propose de mieux partager l’espace public toulousain pour améliorer le vivre-ensemble

Le Maire de Toulouse a décidé de prolonger jusqu’en Mars 2022 les 536 extensions de terrasses temporaires des bars et restaurants dites « Covid » ou « éphémères » quand d’autres Maires de grandes villes les ont supprimées.

Et maintenant pour faire suite à cette décision arbitraire, notre Maire souhaite les rendre définitives afin de continuer d’aider les professionnels des bars et des restaurants.

Articles :
– la Dépêche du 12/02/2022 : Les terrasses covid seront-elles prolongées?
– 20 Minutes du 12/02/2022 : Faut-il vraiment garder les terrasses covid au-delà du 31 mars?

Alors dans ces conditions les 1000 adhérents de Bien Vivre Toulouse Centre (BVTC) qui fréquentent pourtant les bars et les restaurants réaffirment la nécessité de rétablir un juste partage de l’espace public toulousain et s’opposent à la transformation du centre-ville en une gigantesque terrasse à ciel ouvert en demandant à notre Maire de bien vouloir prendre en compte les réclamations suivantes :

  •  accepter les réclamations légitimes des piétons, des personnes à mobilité réduite et des associations de riverains,
  • mettre en cohérence les slogans municipaux avec la réalité : «tranquillité» et « concentration de milliers de clients installés aux terrasses » ; «mobilité» et « terrasses excessives formant obstacles à la locomotion » ; «plaisir de vivre» et « agitation permanente »,
  • préserver la qualité de vie des riverains et des habitants de la ville sachant que :
    • les nuisances des 536 extensions de terrasses Covid amplifient les nuisances des      presque 1000 terrasses déjà autorisées,
    • les riverains subissent des nuisances sonores insupportables dés les livraisons           matinales de boissons jusqu’aux fermetures nocturnes des établissements,
    • la saleté des terrasses et leurs abords devient endémique malgré les interventions      renforcées des services municipaux,
    • les odeurs permanentes désagréables de tabac et de cuisine gênent en permanence riverains et passants.
  • modifier les règles d’attribution des terrasses en analysant systématiquement leur impact sur le site concerné, en limitant leurs surfaces à la surface intérieure des commerces et enfin en tenant compte des capacités sanitaire des établissements,
  • éviter de concentrer des milliers de personnes sans gestes barrières pour maintenir un principe de précaution élémentaire vis à vis d’une nième vague épidémique,
  • arrêter d’aider uniquement les bars et restaurants alors que l’extraordinaire solidarité nationale du « quoiqu’il en coûte gouvernemental » a déjà permis de combler les manques à gagner en évitant faillites et chômage,
  • réduire la pollution visuelle résultant d’une concentration excessive de terrasses pour valider l’actuel Plan municipal de Sauvegarde et de Mise en Valeur du patrimoine toulousain et le projet d’inscription du centre-ville au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

En bref et à l’instar de nombreuses associations toulousaines (60 Millions de Piétons31, AFUL Larey ST Pierre,…), BVTC toujours dans une attitude constructive recommande la solution la plus raisonnable pour retrouver un centre-ville accueillant, convivial et dénué de nuisances systémiques : il faut supprimer les 536  extensions de terrasses Covid et réduire dans une proportion adaptée la surface de certaines terrasses déjà autorisées.

Le Communiqué de presse en pdf

Après la folie de la « nuit », Nantes confrontée par le Préfet au retour du réel

Dans un entretien qu’il a accordé à 20 Minutes, le Préfet de Loire-Atlantique, M. Didier Martin, s’est dit « surpris » par la délinquance sévissant à Nantes, pointant notamment le rôle de l’hyperconsommation d’alcool et de produits stupéfiants.

Didier Martin, nouveau préfet de Loire-Atlantique et de la région Pays-de-la-Loire, le 24 août 2020. — L.Venance/AFP

Depuis de nombreuses années l’association « Les rues de Graslin», l’ « Association pour la Sauvegarde du quartier Guist’hau Delorme » ainsi que l’ « Association Habiter le Bouffay » ont dénoncé la dérive d’une ville où le développement frénétique de l’industrie de la nuit dite « festive » a dramatiquement augmenté au fil des ans avec le total encouragement de la municipalité. 

A Nantes, sous l’effet de l’alcool et de la drogue, les « faits-divers », agressions, noyades, viols, ont littéralement explosés. 

C’est le constat que fait le nouveau préfet.

Nantes est le laboratoire de la « nuit », un pionnier de la promotion de l’industrie de la « nuit » dans les métropoles françaises : un développement qui a été réalisé en parfaite synergie et symbiose entre lobby de l’industrie de la nuit et politique municipale.

La « commission de débits de boissons », qui comprend les représentants des bars et établissements de nuit et des élus, en est l’acteur principal. Les représentants des habitants en sont en revanche exclus.

C’est à Nantes que sont apparus les « Cafés Barbares » dans lesquels, au nom de la création et de la culture, il est possible de diffuser de la musique sonorisée dans des lieux de consommation non conformes à la législation sur le bruit. 

C’est également à Nantes que sont apparus les calamiteux « uritrottoirs », pissoirs pour hommes à ciel ouvert.

Nantes est donc aussi le laboratoire où l’on peut constater les conséquences du développement frénétique de l’industrie de la nuit dite « festive ».

Il y a un à deux ans, des Nantais nous signalaient l’inquiétude de parents, obligés de conduire en voiture leurs enfants le matin à la Fac de médecine, en raison du sentiment d’insécurité suscité auprès des habitants par la situation que signale M. le Préfet.

Pour la même raison, dans certaines rues et quartiers du centre-ville, après avoir subi dans un premier temps une décote, certains appartements deviennent maintenant difficiles à vendre.

Quelle est la réponse de la Ville de Nantes à l’interrogation du Préfet ?

Madame Johanna Rolland, maire de Nantes, très engagée de longue date pour le rattachement de Nantes à la Bretagne, a annoncé qu’elle n’était soudainement plus favorable à ce rattachement.

Une prise de position tout à fait inexplicable qui a le gros avantage de créer un écran de fumée en suscitant le buzz.

Une information chasse l’autre.

Rien de tel d’une diversion médiatique pour éviter de parler des choses qui fâchent…

Par ailleurs, dans un article de Presse Océan, faisant suite au premier Conseil de la nuit du nouveau mandat municipal du 12 janvier, on apprend que M. Bolo, adjoint au Maire en charge de la sécurité publique, appelle au retour de la fête : il a trouvé la parade.

Le Préfet dénonce la violence, la drogue et l’hyperalcoolisation?

M. Bolo, vétéran de l’équipe municipale, propose la création d’une application à l’usage des noctambules !

Monsieur le Préfet n’est là que depuis quelques mois et il a déjà compris le vrai problème.

Combien de temps M. le Préfet et les habitants de Nantes vont-ils devoir attendre pour que la Mairie de Nantes s’attaque au vrai problème ? 

M le Préfet va-t-il prendre le problème à bras-le corps ou baisser les bras comme l’on fait ses prédécesseurs ?

Et si, au lieu de continuer à sombrer, Nantes pouvait devenir enfin le laboratoire des idées gagnantes ?

Claude Askolovitch, journaliste à France Inter, et le terrorisme des victimes !

Très engagé aux côtés des innombrables victimes de la multiplication des bars avec terrasses ouvertes jusqu’à pas d’heure ou des établissements de nuit avec fumeurs dans la rue et fermeture à l’aube, un citoyen souhaite réagir à un passage de la revue de presse déroulée au petit matin du 23 juin 2020 sur France-Inter par le journaliste multicarte Claude Askolovitch. (voir encadré) Il s’insurge notamment contre un très malheureux rapprochement sémantique commis par le chroniqueur.

Dans le Parisien encore, on me parle d’un autre arrondissement, où ce n’est pas la mort qui indiffère mais la vie qui dérange, quelle étrangeté de lire que dans le XIe arrondissement, des riverains sont dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement,  ils ont pris un avocat pour les faire reculer… Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées  avec le bataclan, et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre…
Dans le Parisien toujours, qui sent bien sa ville, on s’interroge sur le laisser aller dont nous ferions preuve face au covid 19, faut-il accuser les fêtards de la musique du canal saint-martin? La réponse est heureusement tempérée mais le débat dit un moment.

Je n’irai pas, Monsieur Askolovitch, jusqu’à vous reprocher, comme le fit un jour Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, de vouloir défendre l’indéfendable. Je me bornerai à vous accuser de légitimer ces fauteurs de trouble qui, selon votre point de vue, seraient du côté de la vie quand les victimes quotidiennes des tapages et ravages nocturnes seraient, elles, des auxiliaires de la mort. Plus exactement, de la mort des villes. C’est votre manière de cautionner des choix politiques en contradiction parfaite avec les textes, toujours brandis par les élus locaux mais presque jamais appliqués, ceux qui régissent l’exigence de « tranquillité publique ». 

Voilà plusieurs décennies que les communicants des municipalités imposent aux esprits relâchés la fallacieuse menace d’une mort lente pour les villes où ne pulluleraient pas les établissements de nuit, où le dogme imbécile de « l’attractivité nocturne » ne serait pas érigé en nécessité absolue. Des villes où l’on aurait choisi de différencier le jour de la nuit et où une minorité de fêtards ne pourraient plus, parce que la loi l’interdit et qu’on la ferait respecter, priver une très large majorité d’habitants d’un droit fondamental : celui de dormir la nuit afin d’être en état de travailler ou de ne pas somnoler le jour.

Certes, votre propos semble ne concerner que les seules terrasses de bars ou restaurants qui, en effet s’étalent un peu partout depuis la fin du confinement, mais je ne suis pas certain que vous ayez bien mesuré, avec la rigueur de l’honnête journaliste que probablement vous croyez être, le problème que posent en termes de nuisances sonores ces multiples occupations du domaine public, cette permissivité accrue et les bruyants débordements que cela entraîne, et ce jusqu’à des heures impossibles. 

Venons-en au parallèle que vous faites, Claude Askolovitch, entre la mort d’un homme sur un trottoir du Bois de Boulogne, dans l’indifférence des passants, des joggeurs et de bien d’autres humains. Un jeune homme de vingt ans aura tenté un massage cardiaque, crié à l’aide et seulement obtenu quelques regards embarrassés… La mort, dites-vous, « indiffère » dans le très bourgeois XVIe arrondissement de Paris. Mais dans le XIe, naguère peuplé d’ouvrier et d’employés aux revenus modestes, aujourd’hui majoritairement habité par les classes moyennes intellectuelles, dans ce secteur parisien c’est « la vie qui dérange », selon vous.

Voilà donc qu’une armada de riverains des nombreux bars et établissements de nuit qui grouillent dans ce quartier, comme dans tant d’autres à travers le continent, se déclarent « dérangés par les terrasses qui s’étalent depuis le déconfinement » ! Quel culot ! Ces riverains vont vraiment trop loin dans leur mécontentement puisque, grince notre Askolovitch « ils ont pris un avocat pour les faire reculer !!! (les terrasses, note de l’auteur). Et puis il ajoute, le journaliste, cette ahurissante et coupable précision : « Le XIe arrondissement, c’était, rappelez-vous, l’arrondissement des terrasses attaquées avec le Bataclan. Et ces terrasses où nous étions retournés symbolisaient alors notre volonté de vivre ». 

Je ne sais ce que vous comprenez vous, amis ou ennemis lecteurs, mais pour ma part, j’ai nettement le sentiment que cet Askolovitch-là se soit livré à un assez sinistre rapprochement sémantique. Comparer des centaines de gens paisibles, qui ne réclament que le droit de dormir la nuit, aux effrayants tueurs de l’islam fanatique, voilà qui me paraît quand même très fort de café, nom d’une pipe ! Certes, nous vivons dans un pays réputé libre et on doit pouvoir y « faire la fête » … 

Encore faudrait-il – et là c’est moi qui le rappelle – que ladite « fête » ne nuise pas à tous ceux, beaucoup plus nombreux que les fêtards, qui voudraient continuer d’habiter, donc de vivre, dans leur quartier. Encore faudrait-il aussi qu’il s’agisse bien de fête, c’est-à-dire d’un moment d’exception et pas d’une pratique quotidienne. La fête est l’arrivée du plaisir au terme d’une attente. Par essence, elle ne saurait être permanente. Si c’était le cas, cela relèverait d’un manque, donc d’une addiction. La fête est le moment attendu, celui qui doit rassembler le plus grand nombre autour des valeurs de partage, d’échange, de jubilation collective, sans autre enjeu que celui d’un collectif qui inclut. Un collectif qui ne se résignerait à exclure que lorsque la loi commune se trouverait menacée, voire transgressée, de manière violente. Une vraie fête évite le piège de la mainmise du commerce, qui en récupère à son profit les bénéfices en termes de solidarité et de joie partagée. Une fête qui, par ses débordements, détruit la liberté de ceux qui choisissent de ne pas en être, doit s’interroger sur sa légitimité quand elle ne réunit qu’une petite minorité. 

Je termine en proposant à M. Claude Askolovitch de vérifier par l’immersion volontaire la pertinence de ma plaidoirie en faveur des innombrables victimes du vacarme nocturne quasi-permanent : venez passer quelques semaines dans un meublé touristique d’un des secteurs historiques de la place Gutenberg à Strasbourg, où l’industrie de la nuit a planté toute une ribambelle de bars fermant aux aurores, entraînant le désespoir et la fuite des populations installées depuis des lustres Vous m’en direz peut-être des nouvelles. Sauf si la mauvaise foi dont j’ai quelques raisons de vous croire affligé devait vous conduire à nier ou à sous-estimer certaines évidences…

Daniel EHRET, ancien président du Centre Antibruit d’Alsace, membre de l’association Calme Gutenberg de Strasbourg

Communiqué de Presse de l’Association Bien Vivre Toulouse Centre

Association Bien Vivre Toulouse Centre
Communiqué de Presse

2 Juin 2020 : la rue des 3 Journées fermée à la circulation pour permettre l’installation d’une terrasse Covid

04 juin 2020 BVTC a été la première association de riverains à encourager ses adhérents à aider nos commerçants de proximité et à relancer l’économie de chaque quartier. De même BVTC a immédiatement été volontaire pour aider les bars et les restaurants fragilisés économiquement. Nous avons relancé la Mairie à plusieurs reprises, y compris par la presse, pour ne pas oublier les habitants et les riverains dans le plan de soutien envisagé.

Certes nous avons souhaité le déconfinement du pays et le retour à une vie sociale normale mais en décidant de mesures adaptées aux circonstances de l’épidémie Covid-19 toujours présente.
Et c’est dans un esprit constructif que BVTC a accepté d’être partie prenante dans le projet d’extensions de terrasses avec la charte de soutien en exigeant les principes sanitaires indispensables à la bonne mise en œuvre.
Or dès la réouverture le 2 Juin des bars et des restaurants toulousains, nous avons constaté dans le centre-ville que de nombreuses recommandations formulées par BVTC n’avaient pas été suivies par les représentants de la Mairie et les commerçants concernés !
En fait nous avons constaté une explosion de terrasses anarchiques sur l’espace public et des commerçants qui ne faisaient pas respecter les règles sanitaires décidées.
De même et bien que participant aux discussions pour chaque extension Covid, nous avons été surpris de découvrir la transformation de la rue des 3 Journées en une gigantesque terrasse.
Les premières soirées ont connu de nombreux débordements nocturnes. De nombreux établissements ne respectent pas les règles en installant de nouvelles terrasses sans autorisation, des bars servent directement dans la rue générant des attroupements massifs, … pendant que les Services Municipaux restent dans l’incapacité à corriger cette situation anarchique.
A la fermeture des bars, des centaines de personnes ont transformé certaines places en véritables boîtes de nuit, ce qui a nécessité l’intervention de la Police.
En bref la Mairie, certainement motivée par le seul objectif de soutien des commerçants, a été complètement dépassée dans sa gestion de terrasses Covid qu’elle a pourtant autorisées. Les débordements constatés traduisent aussi une impréparation de la gestion de l’espace public et une sous-estimation de l’application des règles sanitaires et de leurs conséquences sur les personnels et clients des établissements, les riverains et les habitants en général.
BVTC avait prévenu que pour éviter une féria non gérée dans la ville de Toulouse, il fallait imposer aux professionnels l’obligation de contrôler strictement leur clientèle et créer des sites alternatifs afin de canaliser l’envie légitime de faire la fête dans des règles sanitaires maitrisées.
Aussi BVTC qui estime ne pas être écoutée dans la concertation ne peut cautionner cette situation critique et se voit contrainte de se retirer momentanément de la charte jusqu’à ce que la Mairie prenne toutes les dispositions pour faire respecter sans délai sa pleine application.
Le Bureau BVTC


Pour rappel, principes préalables à l’installation de terrasses Covid recommandés par BVTC

  • Les mesures exceptionnelles destinées à soutenir les commerces toulousains sont accordées à titre temporaire jusqu’au 30 septembre 2020
  • Les règles de sécurité sanitaire, de distanciations physiques, les protocoles et le guide sanitaire seront strictement respectés en permanence par le gérant, le personnel et les clients
  • La surface de la terrasse Covid ne pourra pas dépasser la surface de la terrasse initiale autorisée
  • Le nombre de clients installés sur le dispositif terrasse initiale + terrasse extension Covid ne sera pas supérieur au nombre de clients installés sur la terrasse initialement autorisée
  • Aucun mobilier mange-debout ne sera installé et aucun client restera debout
  • Les terrasses situées à 1,40m de la façade jusqu’à la bordure du trottoir devront respecter strictement cette bande réservée aux piétons lorsqu’il y a possibilité d’utiliser la chaussée en zone de rencontre et le passage piétons passera à 2m lorsqu’il n’y a pas de possibilité d’utiliser la chaussée
  • Les extensions de terrasses Covid seront signalées au sol par marquage de
    peinture et ne seront pas couvertes de moquette au sol (pb d’hygiène)
  • L’accès aux entrées d’immeubles sera respecté en permanence
  • Il n’y aura pas de musique à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement
  • Le plan de la Mairie autorisant l’extension temporaire de terrasse Covid sera affiché en permanence de façon lisible sur la vitrine de l’établissement

Le communiqué de presse en pdf


Place de la Trinité (2 juin)

Pont Neuf (2 juin)

Place St Pierre (2 juin)

Place Salengro (2 juin)

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